Qu’est-ce que la grossophobie?

Sujet difficile à traiter mais au combien essentiel pour faire évoluer les représentations. Je précise que mon but n’est pas blâmé qui que ce soit. C’est simplement d’informer de ce phénomène, pas encore assez connu et à l’origine de beaucoup de souffrances.

La grossophobie déjà, qu’est-ce que c’est ? Selon la définition du Robert, c’est l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses.

Cela va de la simple taquinerie au rejet plus important et cette stigmatisation est partout:
– à l’école : « Je ne te choisis pas dans mon équipe car tu es le plus gros»
– dans le milieu médical : «Madame, ce serait bien de perdre du poids si vous souhaitez avoir des enfants»
– dans le monde du travail : «Vu son physique, on va ne va pas choisir cette personne, elle manque surement de discipline et de volonté»
– dans le monde financier : «Lui accorde-t ’on ce prêt alors que son hygiène de vie est loin d’être idéale?»
– dans la famille : «Finis donc la dernière part de gâteau, un gros nounours comme toi a besoin de manger»

La grossophobie est insidieuse et omniprésente dans la société, reléguée par les médias et l’industrie des régimes. Elle finit par être dans tous les esprits, même les plus bienveillants. Qui n’a jamais pensé à l’égard d’une personne en surpoids «Elle ne pourrait pas faire des efforts?». L’opinion qui domine encore aujourd’hui elle celle que les gens sont responsables de leur poids et ce, malgré les preuves scientifiques que l’obésité est une maladie complexe et multifactorielle, qui n’a rien à voir avec une quelconque volonté.  

Ce que je trouve le plus dur, c’est que même les personnes en surpoids et en situation d’obésité sont convaincues d’avoir un manque de motivation et de volonté. Alors qu’elles se sont déjà infligées les pires régimes, avec une volonté qui me semble extraordinaire. Est-ce qu’il ne faut une volonté incroyable pour manger de la soupe au chou pendant une semaine ? Pour manger des jus de légumes tous les soirs ? Pour faire des jeûnes intermittents ? Pour supprimer toutes formes de plaisir alimentaire ?

Sans forcément militer pour cette cause, je vous invite juste à revoir votre pensée parfois dure et amener simplement un peu d’empathie et de douceur à l’égard des personnes ayant des difficultés avec la gestion de leur poids ou envers vous-même si vous vous sentez concerné.