L’autocompassion

Depuis que j’ai découvert le concept d’autocompassion, cela me semble être indispensable dans tous les domaines de la vie. Dommage qu’on ne nous l’apprenne pas dès notre plus jeune âge car ça change tout… Ca permet de mieux vivre avec soi-même, mieux s’accepter, mieux gérer ses échecs.

A la place, on apprend qu’il faut de la volonté pour perdre du poids, de la motivation pour faire du sport, de la lutte pour être la meilleure version de soi-même, le fameux « no pain, no gain ». L’autocompassion n’a pas sa place. Elle est apparentée à « se trouver des excuses pour ne pas faire ».  

J’aimerai vous proposer de réfléchir à une autre vision et découvrir en quelques mots l’autocompassion
Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire le livre de Kristin Neff, « S’aimer », la référence sur le sujet. Jennifer

Ce que l’on pense de la perte de poids

Dans la perte de poids, on entend quasiment toujours qu’il faut créer un déficit calorique : augmenter la dépense, diminuer les apports afin d’obtenir une différence entre les entrées énergétiques et les sorties, en faveur d’un déficit. Ca parait cohérent… C’est un modèle thermodynamique qui semble simple en théorie.

Le soucis, c’est qu’on ne parle pas d’une machine ou d’une voiture, on parle d’un corps, d’un être vivant avec une complexité qui dépasse encore nos connaissances. A ce modèle thermodynamique se rajoute énormément de paramètres qui vont jouer sur le poids et sur la perte de poids. Ici, j’en cite quelque uns mais la liste n’est pas exhaustive.

Ce que l’on observe, c’est que parmi ces paramètres qui jouent sur le poids, un certain nombre ne sont pas modifiables. Par exemple, vous ne pouvez pas décider de changer votre passé, ni votre génétique. Je comprends que cela soit difficile à accepter, ne pas pouvoir contrôler pleinement sa perte de poids. Mais on peut aussi voir en cela, que la responsabilité face à son poids est très limitée et n’est en rien une question de volonté afin de gagner en flexibilité.

Tu es au régime si tu te dis…

On poursuit la série sur les régimes puisque c’est la période du Body Summer et que l’on est assailli de toutes parts par la restriction.

C’est le moment d’être « super motivée » et de  « faire attention » car il faut perdre quelques kilos avant l’été. Bien sûr , tout ça en se « faisant plaisir » avec UN carré de chocolat NOIR une fois par jour et un « cheat meal » une fois par semaine.  

Vous l’aurez compris, tout ça est ironique, ce sont évidement ces fameuses phrases que l’on retrouve pendant les régimes ! Pas de jugement, on s’est tous dit au moins une fois, « allez à partir de lundi, je m’y remets ».

Peut-être qu’on pourrait prendre un peu de recul cette fois, pour voir comment ça a finalement marché et faire différemment?

Ces phrases qui cachent de la restriction

Les régimes sont partout et même bien aguerri, notre esprit nous amène régulièrement des phrases de restriction. A l’approche de l’été, nous sommes encore plus bombardés par les diktats de la perte de poids, de la minceur et du Body Summer !

Toujours sans jugement, voici quelques phrases qui cachent malgré nous de la restriction. Les observer et prendre de la distance, nous permet de ne pas retomber dans le cercle vicieux des régimes.

C’est un long chemin mais ce n’est pas une fatalité et si vous avez besoin, faites-vous aider par un professionnel de santé choisi, ne pratiquant pas de régime !

Régimes et TCA

J’ai eu la chance de me former plus spécifiquement sur les TCA la semaine dernière par des experts du domaine. Je me sens plus armée pour vous accompagner mais aussi encore plus sensibiliser.

Il est vrai que tous les régimes ne conduisent pas à des TCA et bien sûr les TCA sont des pathologies complexes et multifactorielles. Mais il est bon de rappeler qu’une grande majorité des TCA ont débuté avec un régime, une volonté de perdre quelques kg en trop.

A l’approche de la nouvelle année, j’avais envie de faire ce rappel car les bonnes résolutions ne vont pas tarder à pointer leur nez. Perdre du poids est l’une des résolutions qui revient le plus souvent.

Mais finalement c’est quoi un TCA ?

Les TCA sont caractérisés par des comportements face à l’alimentation différents de ceux adoptés habituellement dans un même environnement. Ils regroupent 3 pathologies que sont l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique.

Ce sont des pathologies graves car elles génèrent de grandes souffrances. De plus, il est très difficile d’en sortir. Les origines sont complexes et multiples (prédispositions biologiques, psychologiques, traumatismes, facteurs environnementaux…) mais les régimes sont souvent les déclencheurs. C’est pourquoi, la meilleure façon de lutter contre ces maladies est d’éviter de s’en approcher, d’éviter de commencer un régime.

D’ailleurs, même sans aller jusqu’aux TCA, les régimes entraînent des dérégulations du comportement alimentaire et du corps.

Alors une résolution qui pourrait être cool pour l’année prochaine, ce serait d’apprendre à prendre soin de soi !  

Jennifer

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Les croyances dans la gestion du poids

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Se libérer de ses croyances. C’est pour moi l’un des exercices les plus puissants et les plus utiles pour retrouver un comportement alimentaire serein. Ça peut être long et difficile mais j’aime beaucoup travailler ceci en consultation car ça permet souvent de déculpabiliser.

La première étape du travail, c’est l’observation. Quelles sont les règles, les croyances, les pensées que vous avez autour de l’alimentation ? Souvent elles commencent par les « je dois » et les « il faut »… Pourquoi ne pas prendre une feuille pour les noter pendant 1 semaine pour voir leur fréquence.

Voici quelques-unes d’entre elles, parmi les plus répandues, dans un contexte de gestion de son poids :
– je dois manger plus équilibré
– je dois supprimer les produits gras et sucrés
– il ne faut pas écouter ses envies de manger
– je dois supprimer mes envies de manger émotionnelles  
– il faut manger à heure fixe
– il faut obligatoirement prendre un petit déjeuner
– il ne faut pas sauter de repas
– il ne faut pas manger de féculents les soirs

Ensuite, il peut être intéressant de se poser la question : d’où viennent-elles ? A quel moment j’ai intégré cette pensée ?
Parfois certaines croyances viennent de l’enfance, d’autres des médias, des réseaux sociaux ou encore de consultations chez d’autres professionnels (de santé ou pas).

C’est intéressant ensuite de creuser derrière ça. Déjà est-ce que c’est justifié ou c’est plutôt un « on dit que…» Et surtout, c’est comment pour vous de suivre ses pensées ou ces règles ? Est-ce que ça marche sur du long terme ?

Les croyances ont tendance à nous emprisonner et à réduire nos possibilités d’action, ce qui entraine une rigidité et nous éloigne d’une réponse adaptée à un besoin. Si vous vous sentez enfermés par vos pensées ou qu’elles prennent le dessus, n’hésitez pas à entamer un travail encadré.

Jennifer

Conséquences psychologiques des régimes

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Je poursuis mon post sur les dangers physiques des régimes avec celui-ci, tout autant voire plus important, sur les dangers psychologiques liés aux régimes amaigrissants.

Lors d’un régime, il va y avoir des aliments interdits ou fortement limités en quantité, ce qui va vous mettre dans une situation de restriction. Pendant un temps plus ou moins long vous « tiendrez » certainement mais l’envie et la frustration sont telles qu’à un moment, il y aura le fameux « craquage », qui deviendra de plus en plus compulsif selon la restriction opérée.

A ce moment-ci démarre un cercle vicieux difficile puisque ces compulsions sont source de honte et d’une forte culpabilité envers vous, entrainant parfois encore plus d’envies de manger pour se réconforter.

La honte et la culpabilité répétée envers vous, qui découle d’un sentiment de manque de volonté, entraine une forte baisse de l’estime de soi avec des pensées du type : « je suis incapable de me contrôler », « je suis sans volonté ».  

Les régimes répétés ne prenant pas en compte vos besoins et vos sensations corporelles, sont à l’origine d’une rupture de lien avec le corps. Il devient de plus en plus difficile de s’écouter mais aussi de faire confiance à son corps qui vous « trahit » en vous amenant vers des compulsions, en ne perdant pas le poids souhaité, en ne se laissant pas maîtrisé.  

Ces émotions douloureuses, ainsi que le fait d’être au régime vont entrainer un repli sur soi, avec moins de sorties, moins d’activités, moins de partage de repas entre amis.

Enfin, l’accumulation de ces ressentis douloureux avec une nourriture qui devient parfois obsédante conduit à un épuisement moral important voir des états dépressifs.

De plus, tous ces phénomènes psychologiques difficiles sont souvent à l’origine d’une reprise de poids qui maintient le cercle vicieux des régimes.

Si vous vous sentez concernés, je vous invite à consulter un professionnel de santé qui vous fasse sortir de ce cercle vicieux en respectant vos besoins.

Jennifer

Les dangers des régimes

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Les régimes amaigrissants ont de nombreuses conséquences sur la santé physique et la santé mentale. Dans ce post, je ne m’attarderai que sur les conséquences au niveau de la santé physique, la liste n’étant bien sûr pas exhaustive et dépend aussi de l’importante de la restriction.

Les risques liés aux régimes ne sont pas nouveaux, ils ont été montrés en 2010 par un rapport de l’ANSES (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire). La conséquence principale et la plus connue, qui survient dans 80 à 95% des cas, est bien sûr la reprise de poids, souvent supérieure au poids précédent, avec le fameux effets yo-yo.

Du fait des diverses carences que peuvent entraîner les régimes (énergétiques, en protéines, en vitamines, en minéraux ou en acides gras essentiels), il existe aussi d’autres conséquences inquiétantes :

– diminution des besoins énergétiques, c’est-à-dire qu’après un régime amaigrissant, les besoins sont inférieurs à ceux précédant le régime pour maintenir un poids stable, ce qui favorise la reprise de poids.
– perte de masse musculaire puisque lorsque les apports sont trop faibles, l’énergie va être puisée dans les muscles, ce qui contribue à baisser la dépense énergétique.
– troubles digestifs, comme un ralentissement du système digestif entrainant des constipations ou comme des modifications du microbiote.

Les carences en vitamine D et en calcium ou une perte de poids rapide peuvent favoriser la réduction de la densité minérale osseuse et entrainer une fragilité osseuse mais aussi une baisse de l’efficacité du système immunitaire. Un apport trop faible en graisses, peut également perturber le système hormonal puisque les acides gras polyinsaturés sont les précurseurs de plusieurs hormones. Enfin, certaines études suggèrent également des risques rénaux, hépatiques et cardiaques. Ce n’est pas rien donc il est important de prendre du recul vis-à-vis des régimes.

Il y a déjà beaucoup d’effets néfastes pour une perte de poids non durable, sans compter les conséquences sur la santé mentale que j’aborderai par la suite.


Foutu pour Foutu

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Je suis persuadée que vous connaissez tous l’histoire du « foutu pour foutu » et encore plus si vous essayez de restreindre votre alimentation. C’est une histoire connue depuis longtemps, qui a même fait l’objet d’études scientifiques (voir l’expérience d’Hermann & Polivy). Pourtant, quand je la raconte en consultation, vous êtes souvent surpris et me dites  « comment savez-vous ? ». C’est parce qu’elle arrive à beaucoup !


L’histoire (mentale) peut ressembler à ça :
– j’ai envie de ce gâteau que j’adore mais comme j’aimerai perdre un peu de poids et qu’il est riche, je DOIS l’éviter
– je vais manger une pomme à la place, ça cale bien et ça devrait me passer l’envie… mais l’envie reste
– je vais manger encore un yaourt, ça reste diététique et là c’est sûr, je n’aurai plus faim… mais l’envie reste
– bon allez, je vais en manger mais UN seul, sinon je ne vais pas arrêter d’y penser
– Pfffff, je n’aurai pas du craquer, je suis tellement nulle. Maintenant au point où j’en suis, je peux me lâcher, foutu pour foutu… de toute façon demain, c’est sûr, j’arrête et je ferai vraiment attention.
Mince, le lendemain l’histoire du foutu pour foutu recommence et ce, malgré toute l’énergie et la volonté que j’y mets.

Le problème n’est pas votre manque de volonté, le problème c’est la restriction, les « je dois » et la transgression de l’interdit. C’est sur cela qu’il est utile de travailler.

Quelques conseils pour vous aider :
– lorsque l’envie apparait, choisissez directement l’aliment que vous voulez manger
– dégustez-le pleinement, sans rien faire d’autre en même temps
– observez ce qu’il se passe quand vous le faites, est-ce que ça marche mieux pour vous?
– prenez un peu de distance face à vos pensées culpabilisantes : vous avez le droit de manger ce que vous voulez, vous avez le droit au plaisir, même si vous souhaitez perdre du poids.

Si vous vous sentez coincés, n’hésitez pas à vous faire aider, il n’y a pas de honte à avoir. C’est difficile de sortir seul des cercles vicieux et de la restriction.

Jennifer

Poids de forme vs Poids souhaité

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« J’aimerai retourner à mon poids de forme » – « Je me sens bien quand je suis à mon poids de forme » – « Mon poids de forme, c’est mon poids idéal ». Voilà des phrases qui reviennent souvent en consultation et qui m’évoquent qu’il y a parfois une confusion dans la définition du poids de forme. C’est peut-être dû à l’industrie des régimes qui a dû détourner un concept, une fois de plus…et si on faisait le point ?

Le poids de forme qu’on appelle aussi le set point ou poids d’équilibre, c’est le poids que vous êtes prédestiné à faire, contrôlé par la génétique et l’épigénétique et qui ne varie que de 1 à 2% au cours de la vie lorsqu’il y a une homéostasie (régulation) optimale.

Malheureusement, lors de prises de poids au cours de la vie, dans un contexte pathologique, difficile psychologiquement ou après un régime, le poids de forme peut augmenter.

Quand l’énergie, apportée en quantité importante est stockée dans les cellules adipeuses, il se passe 2 processus :
– l’hypertrophie des cellules où elles vont grossir en volume et qui est un mécanisme réversible
– l’hyperplasie des cellules où elles vont se multiplier en nombre et qui est un mécanisme irréversible
Finalement, il y a plus de cellules qu’avant donc plus de poids, ce qui modifie le poids de forme de façon irréversible.

Ce nouveau poids de forme, c’est donc une nouvelle valeur de consigne vers laquelle le corps va vous ramener perpétuellement lorsqu’il se régule. Si vous êtes au-dessus, votre poids se régulera à la baisse. Si vous êtes en dessous, votre poids se régulera à la hausse.

Ceci est l’une des raisons pour laquelle vous n’arrivez pas à maintenir un poids en dessous de votre valeur de consigne. Le corps tendra toujours à vous ramener à cette valeur. Et c’est pourquoi le poids que vous souhaitez avoir est souvent différent de votre poids de forme.

J’en conviens c’est quelque chose de difficile à accepter, tant on nous fait croire qu’il est possible de perdre le poids que l’on souhaite. C’est le deuil d’un certains poids à faire et en même temps, ça explique pourquoi la volonté ne peut suffire à se diriger vers le poids souhaité.